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wanderlust – moonroof

19 juin 2012

Aujourd’hui, j’ai testé pour vous.
Les deux nouvelles terrasses hype de Paris se nomment le wanderlust et le moonroof.
Nous sommes samedi, il est 19h30, je m’y dirige accompagné. Le pitch est intéressant : le lieu est grand, ce sont d’anciens entrepôts rénovés récemment (et joliment en plus ! ) en bord de Seine, dans un coin où il n’y a rien, et donc pas de voisins pour se plaindre de la musique trop forte ou des fêtards trop bruyant.
Le concept est donc très aguicheur.

L’arrivée
Y accéder sans risquer sa vie est déjà une gageure assez intéressante. Le quartier n’ayant clairement pas l’habitude d’accueillir des piétons, les passages cloutés sont rares et font faire de grands détours. Espérons que ça change. En même temps, peu importe je ne pense pas y retourner.

Le bâtiment est immense. Il abrite une école de mode/couture, et un musée il me semble
(cf. leur site web ici pour les plus curieux). Les portes sont numérotées, la hauteur est assez impressionnante depuis la rue pour un simple piéton. Première surprise : le nombre de videurs est conséquent. Une bonne quinzaine en tout pour gérer les entrées, sortie, et bloquer ce qui pourrait ressembler à des sorties mais n’en sont en fait pas. Ou bien pour ne pas laisser rentrer les gens sur la terrasse du haut (le fameux « moon-roof »).

L’accueil
A l’entrée de la terrasse (oui, une terrasse avec une entrée), c’est comme pour les gros concerts et les boîtes de nuit. Videurs format armoire à glace, barrières métalliques de 30 mètres, sans personne qui attend, mais qu’il faut quand même bien sagement parcourir pour accéder à l’entrée. Au moins, l’accès n’est-il pas payant. C’est déjà ça. Par contre, oubliez votre bouteille d’eau (ou autre), oubliez votre pic-nic, c’est pas le genre de la maison, et l’on vous fera ouvrir votre sac à l’entrée.

Wanderlust & MoonRoof
A l’entrée du MoonRoof, porte 32, les vigiles vous orientent directement vers la porte 34 que je viens de vous décrire au paragraphe précédent. S’il y a une autre entrée, elle est bien cachée et tout sauf évidente. A mes yeux, en tout cas, les videurs font un tri sur les personnes qui se présentent en les orientant directement vers la terrasse du bas.

Prix & ambiance & gens
Il y a un DJ qui mixe dans une petite cahute. La musique n’est pas super forte et fait un bon fond sonore. La terrasse est en bois, et semble en effet très agréable. Très agréable en tant que telle. Il y a du potentiel dans ce lieu, c’est indéniable. Par contre, la population est antipathique au possible. Le quartier à beau être un de ces endroits de Paris où il n’était pas encore irrespirable de sortir, ce lieu semble être une ambassade du hype et de la petite bourgeoisie parisienne bien pensante. Des bobo 100% bourgeois. Tout le monde est beau, les jeunes femmes sont sur le 31 avec des robes dignes de soirées de gala d’école, les jeunes hommes sont eux tout droit sortis du dernier magasine de mode masculin, coupe à la gomina pas trop marquée, veste à la mode et dernier accessoire indispensable tel que décrit par un journaliste qui a trouvé ça rigolo (et qui était bien content d’avoir cette jolie montre à 300€ offerte en échange d’un petit article élogieux dans sa rubrique mensuelle). Bref, le jeunesse dorée parisienne dans toute ça puanteur, la plupart de ces personnes portant surement sur elles plus d’un SMIC vestimentaire. XIIIème où es-tu donc passé ?

Pour s’asseoir, trois solutions : une cinquantaine de tables de resto sont installées sur la terrasse, et une quantité probablement équivalente de fauteuils et tables basses métalliques sont disposées un peu partout. Il y a quand même un peu de monde ce samedi soir là, mais la terrasse donne toutefois l’impression d’être vide. Je vous le répète, il y a beaucoup de potentiel dans ce lieu ! Dernière solution, trouver un coin calme et se poser par terre. Cela est encore imaginable, la terrasse sentirait presque le neuf, et ces gens à vomir n’ont pas encore trop salis le lieu.

Pour boire un verre, n’oubliez pas votre carte gold par contre. Les trois bars extérieurs ne proposent qu’une gamme très limitée : hards, bière, champagne. Et en matière de hards, pas de cocktails. Rien que pour la bière, comptez 7€ pour une bière de 33cl ! Et pas de pression. Deuxième essai, le restaurant à l’intérieur. Là-bas il ont du vin. Encore une fois, bon courage pour trouver les prix, qui sont bien cachés sur une feuille A4 traînant sur le bar. Ici, il semblent tentés de démocratiser le vin, en servant chaque bouteille dans un petit sac en plastique garni de glaçons (histoire de vraiment en tuer le goût ?), mais la moindre bouteille est autour de 30€. Vous voulez le comble ? A ce prix là, vous aurez le droit à des gobelets en plastique…

Conclusion
J’avais surement placé trop d’espoir dans l’utilisation de mes impôts. Cet immense entrepôt abandonné s’est depuis les quelques années de travaux qu’aura duré sont aménagement grandement amélioré. J’aime beaucoup la structure métallique verte qui s’est apposée à l’extérieur, qui en modifie radicalement l’aspect. Le lieu gagnera tout de même en vie le jour où il sera réellement ouvert aux parisiens. Ouverts aux parisiens et non pas à cette jeunesse dorée, qui ne constitue qu’une frange, visible car fortunée, de la jeunesse parisienne. Et même à plus grande échelle, cette jeunesse dorée et fortunée n’est représentative de rien du tout, si ce n’est du pouvoir des médias, du regard des autres sur soi, de l’incompréhension des politiques vis à vis des demandes de leurs électeurs.

Nous ne voulons pas vivre par procuration, nous voulons vivre nos vies.
Je ne veux pas que l’on nomme liberté celle qu’on ne donne qu’à quelques uns. Ces gens ne sont pas parisiens, ces gens sont une frange vomitive. Libérez Paris, rendez-le au peuple. Jetons ces veaux qui se vautre dans l’or de leurs parents à la Seine, et faisons de Paris une ville ouverte à tout les parisiens qui y vivent, y payent leurs impôts. Il est d’ailleurs indécent de constater que, tout comme la Rotonde de Stalingrad par exemple, de nombreux projets parisiens implantés dans des quartiers (encore) relativement populaires, ne semblent fait que pour mieux les en chasser…

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From → Sorties

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